quarta-feira, 5 de dezembro de 2012

Adrienne Rich (1929-2012)

















Photo: Gypsy P. Ray
Source: Poets.org

Adrienne Rich reading her poem "What kind of Times Are These?" at the Geraldine R. Dodge Poetry Festival



What Kind Of Times Are These?


by Adrienne Rich

There's a place between two stands of trees where the grass grows uphill
and the old revolutionary road breaks off into shadows
near a meeting-house abandoned by the persecuted
who disappeared into those shadows.

I've walked there picking mushrooms at the edge of dread, but don't be fooled
this isn't a Russian poem, this is not somewhere else but here,
our country moving closer to its own truth and dread,
its own ways of making people disappear.

I won't tell you where the place is, the dark mesh of the woods
meeting the unmarked strip of light —
ghost-ridden crossroads, leafmold paradise:
I know already who wants to buy it, sell it, make it disappear.

And I won't tell you where it is, so why do I tell you
anything? Because you still listen, because in times like these
to have you listen at all, it's necessary
to talk about trees.


Source: YouTube


Páginas Paralelas:

Adrienne Rich: Biography and more on Poets.org

Adrienne Rich: Biography & Bibliography - Poetry Foundation

Adrienne Rich on Poetry Everywhere

Five poems by Adrienne Rich (The Nation)


terça-feira, 4 de dezembro de 2012

No ano da morte de Manuel António Pina, muitos foram os grandes criadores que nos deixaram.

Durante este final de ano queremos prestar-lhes a nossa humilde homenagem, como prova de gratidão por tudo o que nos deixaram de bom e de belo.


Manuel António Pina (1943-2012)


      Foto de Alfredo Cunha 
      Fonte: No Vazio da Onda


BASTA IMAGINAR

Basta imaginar
um pássaro para o aprisionar,
e depois imaginar o ar para o libertar
e imaginar asas para ele voar
e imaginar uma canção para ele cantar.

Manuel António Pina (2005). O Pássaro da Cabeça. Ilustrações de Joana Quental. Vila Nova de Famalicão. Quasi Edições. Publicado pela primeria vez em 1983, com colagens de Maria Priscila Soares (A Regra do Jogo, Ed.)

Leia o livro todo no sítio Cata Livros (Fundação Calouste Gulbenkian/Casa da Leitura)

Páginas Paralelas:

Museu da Imprensa presta homenagem a Manuel António Pina

Manuel António Pina (Infopédia)

Nova edição de O Pássaro da Cabeça, com imagens de Ilda David (Assírio & Alvim)

segunda-feira, 3 de dezembro de 2012

Vamos plantar uma árvore de palavras
Hoje, dia 3 de dezembro de 2012, “Uma página por dia” está fora de portas, de visita à Escola Secundária com 3º Ciclo Diogo de Gouveia, em Beja.
Com a exposição “Leituras”, em que o texto assume uma dimensão visual representativa de diferentes conceitos, tipos e vertentes da leitura, a Rede de Universidades Leitoras / Instituto Politécnico de Beja (RUL/IPBeja) lança as sementes da iniciativa “Vamos plantar uma árvore de palavras”, que tem como primeira escola parceira a ES3 Diogo de Gouveia. Integra a exposição a árvore de “Uma página por dia”, da autoria de Viviane Silva, docente do IPBeja. Este será o suporte da mostra de textos divulgados no âmbito desta ação da RUL/IPBeja em 2011 e 2012.
“Vamos plantar uma árvore de palavras” é uma iniciativa que pretende, como o título indica, ir semeando árvores de palavras que possam funcionar como incentivo à leitura e à escrita entre os alunos de escolas do Ensino Básico e do Ensino Secundário. Cada escola construirá a sua árvore de palavras, onde serão expostos os textos e trabalhos de expressão artística dos alunos. Os melhores trabalhos serão também divulgados no blog http://plantararvorepalavras.wordpress.com/, que servirá ainda de repositório de recursos para os professores, nos domínios da leitura, da escrita e da criatividade.
A ES3 Diogo de Gouveia é, assim, a primeira escola a aderir a esta “rede”, que gostaríamos de ver transformada numa enorme floresta de palavras e ideias criativas. A equipa da RUL/IPBeja agradece à escola a disponibilidade e o compromisso assumido nesta primeira etapa do projeto, mais precisamente à Direção da Escola, aos Departamentos de Línguas e de Expressões, aos alunos e docentes que participam nas atividades e, muito particularmente, à Dra. Ana Serraninho Rocha, Coordenadora do Departamento de Línguas, e à Dra. Emília Polaco, Professora Bibliotecária, pela colaboração na organização e gestão do projeto.
Nos próximos dias, à árvore da RUL/IPBeja juntar-se-á a árvore original criada pela ES3 Diogo de Gouveia, com a primeira mostra de trabalhos da autoria dos alunos da escola, a divulgar mais tarde no blog http://plantararvorepalavras.wordpress.com/, onde poderá acompanhar todo o desenvolvimento desta iniciativa.

sexta-feira, 30 de novembro de 2012

Antoine de Saint-Exupéry, Capítulo I de "Le Petit Prince"

Lorsque j'avais six ans j'ai vu, une fois, une magnifique image, dans un livre sur la Forêt Vierge qui s'appelait "Histoires Vécues". Ça représentait un serpent boa qui avalait un fauve. Voilà la copie du dessin.



On disait dans le livre: "Les serpents boas avalent leur proie tout entière, sans la mâcher. Ensuite ils ne peuvent plus bouger et ils dorment pendant les six mois de leur digestion".
J'ai alors beaucoup réfléchi sur les aventures de la jungle et, à mon tour, j'ai réussi, avec un crayon de couleur, à tracer mon premier dessin. Mon dessin numéro 1. Il était comme ça:




J'ai montré mon chef d'œuvre aux grandes personnes et je leur ai demandé si mon dessin leur faisait peur.
Elles m'ont répondu: "Pourquoi un chapeau ferait-il peur?"
Mon dessin ne représentait pas un chapeau. Il représentait un serpent boa qui digérait un éléphant. J'ai alors dessiné l'intérieur du serpent boa, afin que les grandes personnes puissent comprendre. Elles ont toujours besoin d'explications. Mon dessin numéro 2 était comme ça:




Les grandes personnes m'ont conseillé de laisser de côté les dessins de serpents boas ouverts ou fermés, et de m'intéresser plutôt à la géographie, à l'histoire, au calcul et à la grammaire. C'est ainsi que j'ai abandonné, à l'âge de six ans, une magnifique carrière de peintre. J'avais été découragé par l'insuccès de mon dessin numéro 1 et de mon dessin numéro 2. Les grandes personnes ne comprennent jamais rien toutes seules, et c'est fatigant, pour les enfants, de toujours leur donner des explications.
J'ai donc dû choisir un autre métier et j'ai appris à piloter des avions. J'ai volé un peu partout dans le monde. Et la géographie, c'est exact, m'a beaucoup servi. Je savais reconnaître, du premier coup d'œil, la Chine de l'Arizona. C'est très utile, si l'on est égaré pendant la nuit.
J'ai ainsi eu, au cours de ma vie, des tas de contacts avec des tas de gens sérieux. J'ai beaucoup vécu chez les grandes personnes. Je les ai vues de très près. Ça n'a pas trop amélioré mon opinion.
Quand j'en rencontrais une qui me paraissait un peu lucide, je faisais l'expérience sur elle de mon dessin n° 1 que j'ai toujours conservé. Je voulais savoir si elle était vraiment compréhensive. Mais toujours elle me répondait: "C'est un chapeau." Alors je ne lui parlais ni de serpents boas, ni de forêts vierges, ni d'étoiles. Je me mettais à sa portée. Je lui parlais de bridge, de golf, de politique et de cravates. Et la grande personne était bien contente de connaître un homme aussi raisonnable.

Pode ler a obra na íntegra neste endereço.


quinta-feira, 29 de novembro de 2012

Marguerite Duras, Excerto de "Écrire"

Écrire. Je ne peux pas.
Personne ne peut.
Il faut le dire, on ne peut pas.
Et on écrit.
C’est l’inconnu qu’on porte en soi écrire, c’est ça qui est atteint. C’est ça ou rien.
On peut parler d’une maladie de l’écrit.
Ce n’est pas simple ce que j’essaie de dire là, mais je crois qu’on peut s’y retrouver,
camarades de tous les pays.
Il y a une folie d’écrire qui est en soi-même, une folie d’écrire furieuse mais ce n’est pas
pour cela qu’on est dans la folie. Au contraire.
L’écriture c’est l’inconnu. Avant d’écrire, on ne sait rien de ce qu’on va écrire. Et en
toute lucidité.
C’est l’inconnu de soi, de sa tête, de son corps. Ce n’est même pas une réflexion, écrire,
c’est une sorte de faculté qu’on a à côté de sa personne, parallèlement à elle-même,
d’une autre personne qui apparaît et qui avance, invisible,douée de pensée, de colère, et
qui quelquefois, de son propre fait, est en danger d’en perdre la vie.
Si on savait quelque chose de ce qu’on va écrire, avant de le faire, avant d’écrire, on
n’écrirait jamais. Ce ne serait pas la peine.
Écrire, c’est tenter de savoir ce qu’on écrirait si on écrivait — on ne le sait qu’après —
avant, c’est la question la plus dangereuse que l’on puisse se poser. Mais c’est la plus
courante aussi.
L’écrit ça arrive comme le vent, c’est nu, c’est de l’encre, c’est l’écrit et ça passe comme
rien d’autre ne passe dans la vie, rien de plus, sauf elle, la vie.

Marguerite Duras, Ecrire
Collection folio, Editions Gallimard, 1993
Fonte